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Bitcoin au plus haut puis repli : que retenir de ce mois d'août

Par La rédaction — Patrimoine Magazine · Publié le

Illustration : Bitcoin au plus haut puis repli : que retenir de ce mois d'août

Le Bitcoin a inscrit un nouveau plus haut le 21 août, avant de refluer dans les dix jours qui ont suivi. Fin août, il se traitait autour de 62 500 dollars, en baisse d'environ 2,2 % sur la séance, pendant que les tensions autour du détroit d'Ormuz faisaient remonter le pétrole. Un même mois, deux visages : voici comment lire ce genre de séquence sans en tirer de conclusion hâtive.

En bref — Un record et un repli dans le même mois ne se contredisent pas : ils décrivent le comportement habituel d'un actif volatil. Fin août, le Bitcoin évoluait autour de 62 500 dollars après son plus haut du 21 août. Les frappes américaines et iraniennes autour du détroit d'Ormuz les 30 et 31 août ont poussé le Brent au-dessus de 90 dollars le baril et fait reculer les Bourses européennes. Dans cette séquence, le Bitcoin a bougé comme un actif risqué, pas comme un abri.

Que s'est-il passé exactement en août ?

Trois choses, dans cet ordre.

D'abord un plus haut historique, le 21 août. Le cours a dépassé tous les niveaux atteints jusque-là, ce qui suffit toujours à déclencher une vague d'articles et de messages enthousiastes.

Ensuite un reflux, progressif, sur la fin du mois. Fin août, le Bitcoin se traitait autour de 62 500 dollars, avec un recul d'environ 2,2 % sur la séance considérée. Ce chiffre bouge d'heure en heure : il décrit un moment, pas un niveau durable.

Enfin, un contexte qui s'est brutalement chargé. Les 30 et 31 août, des frappes américaines et iraniennes autour du détroit d'Ormuz ont ramené le risque géopolitique au premier plan. Le Brent est repassé au-dessus de 90 dollars le baril. Les Bourses européennes reculaient.

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Pourquoi un record et une baisse peuvent tenir dans le même mois

Parce qu'un plus haut n'est pas un palier. C'est un point sur une courbe, franchi puis souvent repassé dans l'autre sens.

Un record attire des acheteurs qui n'étaient pas là avant. Il attire aussi des vendeurs : ceux qui étaient entrés plus bas et qui voient enfin l'occasion de sortir avec un gain. Ces deux flux se croisent, et l'un finit par l'emporter. Rien d'anormal là-dedans.

Sur les marchés très mobiles, l'écart entre le point haut d'un mois et son point bas peut être considérable. C'est précisément ce que recouvre le mot volatilité : l'amplitude des mouvements, dans les deux sens. Nous l'avons détaillé dans volatilité crypto : à quoi s'attendre mois après mois.

Ce qui trompe, c'est le récit. Un record est raconté comme une confirmation, un repli comme un démenti. Les deux ne sont que des séquences de prix.

Pourquoi le Bitcoin n'a pas joué le rôle de refuge

On entend souvent qu'il serait « l'or numérique », un abri quand le monde se tend. Août a montré autre chose.

Quand une tension militaire éclate, les investisseurs professionnels réduisent leur exposition à ce qui bouge beaucoup. Ils vendent d'abord ce qui est le plus mobile et le plus facile à céder : actions cycliques, marchés émergents, cryptomonnaies. Ils gardent ce qui est stable.

Le Bitcoin se vend 24 heures sur 24, sans jour de fermeture. Quand il faut lever de l'argent rapidement, c'est même un actif commode à céder. Il subit donc les ventes en premier, avant les marchés qui n'ouvrent qu'à neuf heures.

En août, son cours a suivi le mouvement des actifs de croissance : il a reculé au moment où l'appétit pour le risque se retirait. Un actif de refuge aurait fait l'inverse.

Le pétrole a-t-il vraiment un lien avec votre épargne ?

Oui, par un enchaînement mécanique qui n'a rien de mystérieux.

Le pétrole entre dans le transport, les plastiques, les engrais, le chauffage. Quand le baril monte, le coût de production de presque tout monte avec lui, avec un décalage de quelques semaines. Les prix à la consommation finissent par s'en ressentir.

Quand l'inflation semble repartir, les marchés anticipent des taux plus élevés et plus longtemps. Les taux longs montent le jour même, sans attendre la moindre décision officielle. Et des taux plus élevés pèsent sur les actions, par deux effets qui s'additionnent : les placements stables deviennent plus attractifs, et un bénéfice attendu dans dix ans vaut moins cher aujourd'hui.

Cette chaîne est décrite en détail dans pétrole, inflation, taux longs : la chaîne qui touche votre épargne. Elle explique pourquoi une actualité au Moyen-Orient fait bouger un contrat d'épargne français dans la même semaine.

Et en France, où en est l'épargne classique ?

Sur un terrain moins spectaculaire, mais qui concerne beaucoup plus de monde.

L'inflation ressort à 2,4 % sur un an. Le Livret A rapporte 1,70 % depuis le 1er août. La soustraction est simple : l'argent posé là perd du pouvoir d'achat, lentement mais sûrement.

ÉlémentNiveau
Inflation en France, sur un an2,4 %
Livret A, depuis le 1er août1,70 %
Écartrendement réel négatif
Brent, fin aoûtau-dessus de 90 $ le baril

Ce constat ne dit pas quoi faire. Il dit seulement qu'il n'existe pas de solution d'attente parfaite : le livret protège le capital nominal mais perd face aux prix, les marchés bougent, les cryptomonnaies bougent beaucoup plus. Le sujet est repris dans inflation et épargne : mesurer l'érosion en euros, avec le calcul posé en euros plutôt qu'en pourcentages.

Que faut-il en tirer, concrètement ?

Trois réflexes, aucun n'étant une décision d'achat ou de vente.

Le premier : ne pas juger un actif sur un mois. Une séquence record-puis-repli ne dit rien de plus qu'une séquence calme. Elle décrit une amplitude, pas une direction.

Le deuxième : dimensionner avant, pas pendant. Une position se choisit en euros que l'on accepte de voir baisser fortement, pas en fonction de ce qu'annonce l'actualité du jour. Un actif capable de faire un plus haut historique puis de reculer nettement en dix jours peut aussi bien reculer bien davantage. Le risque de perte en capital est réel et peut être total.

Le troisième : décider de la sortie avant l'entrée. C'est le seul moment où l'on réfléchit à froid.

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